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J’entends souvent l’argument suivant lequel la valorisation de l’eau de pluie n’est pas intéressante en ville en raison de la:
- pollution urbaine;
- superficie réduite des toits par habitant.
En fait, la pollution de l’eau de pluie qui tombe à un endroit donné dépend surtout du régime des vents. Une pluie fortement polluée peut tomber dans une région exempte de pollution industrielle ou urbaine. La qualité de l’eau de pluie dans les villes n’est pas fondamentalement plus mauvaise qu’ailleurs. Dans les grandes villes en hiver, on observe une légère teneur en hydrocarbures à cause des fumées des chauffages au mazout. Lorsqu’on habite près des industries générant des poussières, les habitations aux alentours de la source de poussière récoltent de l’eau qui laisse plus de boue dans le fond de la citerne et colmate plus rapidement les filtres.
C’est vrai que les 30 m² de toit par personne nécessaire pour couvrir la totalité des besoins en eau sont rarement atteints en ville. Cependant, l’eau récoltée sur les toits urbains reste une ressource précieuse et importante.
Dans les villes où l’eau de distribution est de mauvaise qualité, la valorisation de l’eau de pluie représente une possibilité intéressante pour la production décentralisée d’eau potable de haute qualité.
Les besoins journaliers d’un personne en eau potable ne dépassent guère 3 à 5 litres. Pour récolter cette quantité, 2 à 3 m² de toit suffisent avec une capacité de stockage de 300 à 400 litres.
Lors de la construction d’un immeuble, on subdivisera le toit en autant de secteurs qu’il y a d’appartements [1] . Chaque secteur disposant de sa propre descente de gouttière et sa citerne.
La capacité (en litres) de cette citerne sera calculée en multipliant la superficie au sol du toit de captage (m²) par 140. Par exemple, un appartenant disposant d’un secteur de 15 m² de toit aura une citerne de 15x140 = 2100 litres » 2 m³.
Cette citerne sera placée dans les caves, avec un petit groupe hydrophore et éventuellement le système de filtration pour rendre potable l’eau de pluie. Une canalisation fine amènera l’eau purifiée dans la cuisine de chaque appartement.
On utilisera donc l’eau de pluie pour l’alimentation et la boisson et l’eau de ville de moindre qualité pour les autres usages. Dans les villes où, en raison de la dégradation grave des ressources hydriques, l’eau de ville devient saumâtre, au lieu d’envisager le traitement par membrane (nanofiltration [2] ) de l’eau de ville, on pourrait se contenter de distribuer une eau de qualité médiocre pour couvrir les besoins non alimentaires. Pour la production d’eau potable on offrirait des subsides pour les installations individuelles de filtration d’eau de pluie.
Lorsque la superficie du toit est plus grande, on peut aller plus loin dans la valorisation et produire aussi de l’eau naturellement douce pour l’hygiène personnelle et aussi pour les lessives.
Avec ces pages, nous avons terminé l’exposé du système PLUVALOR. Vous pouvez donc passer à l’étape suivante: la gestion des eaux usées.
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[1] En dépit des économies d’échelle, nous déconseillons formellement l’installation d’une citerne commune à plusieurs appartements. Les méthodes de gestion du contenu de la citerne varient fortement d’un ménage à l’autre. C’est une source de conflits. Lorsque la citerne commune sera à sec, ce sera toujours de la faute de l’autre.
[2] La nanofiltration est une technique qu’on utilise pour faire de l’eau potable à partir d’une ressource fortement polluée, surtout par le sel. Le prix de revient de l’eau traitée de la sorte est de l’ordre de 10 € le m³. Envoyer de l’eau aussi chère dans les chasses des W-C n’est pas raisonnable.