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L’eau bio-compatible ou bonne à boire

Les considérations développées ci-dessous diffèrent sur un certains nombre de points des positions des techniciens de l'eau. Elles doivent être lues avec un esprit critique. A contrario,  j'invite le lecteur à lire les communications des techniciens de l'eau attachés aux sociétés distributrices avec le même esprit ciritque. 

Une petite remarque. Un technicien engagé et payé par une société se doit de défendre les intérêts matériels de son employeur. Il ne peut, en aucun cas dénigrer le produit vendu par sa société.

Les considérations développées dans les pages de ce site, concernant les aspect légaux de l'utilisation de l'eau doivent être considérées comme un avis de citoyen en matière de politique de l'eau.

Aux pages consacrées au chlore dans l’eau , nous allons voir les inconvénients de la technique de désinfection chimique. L’idée suivant laquelle il faut à tout prix consommer de l’eau ne contenant pas de bactéries réputées pathogènes détermine les normes légales pour l’eau potable. Les normes bactériologiques «placent la barre très haut», en imposant l’absence de la moindre bactérie dite de contamination fécale. De telles normes rendent la désinfection chimique incontournable.  

A ma connaissance, les limites de la présence des bactéries n’ont jamais été déterminées par des études épidémiologiques de niveau de tolérance d’un individu sain, mais en fonction de la possibilité technique offerte par la désinfection chimique.

Lorsqu’on confronte les normes bactériologiques pour l’eau potable à la réalité du terrain, on découvre quelques incohérences. Vu la sensibilité élevée des méthodes de détection des bactéries, on constate qu’il est difficile de respecter ces normes dans une eau naturelle qui ne contient pas de désinfectant chimique. L’expérience montre qu’un échantillon d’eau tout à fait pure peut rapidement être déclaré «non potable» à cause d’une très légère contamination – par ailleurs tout à fait inoffensive – survenue lors du prélèvement pour analyse.

C’est le drame d’un certain nombre de petites fermes laitières qui produisent depuis des générations du lait de bonne qualité. Après une analyse bactériologique de l’eau de leur puits, on retire l’agrément pour la production laitière en raison de la présence de quelques malheureux streptocoques ou staphylocoques présents dans l’eau non désinfectée utilisée à la laiterie de la ferme. Pourtant les puits ainsi incriminés abreuvent hommes et bêtes depuis des générations, sans le moindre problème sanitaire. Certaines de ces petites exploitations sont contraintes à cesser leur activité en raison du coût élevé d’une adduction d’eau de distribution.

Pour tester la portée réelle des normes pour l’eau potable, il suffit de prélever un échantillon d’eau de ville, en principe conforme, et le mettre dans une carafe ouverte, l’exposer pendant au moins 12 heures à la lumière du jour pour en éliminer le chlore, verser le contenu dans un verre propre, mais non désinfecté et l’envoyer dans un laboratoire d’analyse. Répéter l’expérience plusieurs fois pour découvrir qu’un certain nombre d’échantillons ainsi analysés seront déclarés «non conformes».

A moins de mettre la bouche sous le robinet d’eau de ville, dans les faits, il est très rare que nous buvions de l’eau conforme aux normes légales. Exiger donc dans son verre la conformité bactériologique est une position irréaliste. Ce qui est consigné dans la loi à propos de la qualité de l’eau potable n’est valable en toute rigueur qu’à la sortie des installations de la société distributrice. Malheureusement, d’une manière abusive, on a tendance à étendre ces prescriptions jusqu’au contenu du verre du consommateur, même en Belgique où la garantie de conformité s'arrête au niveau du compteur d'eau. En France, en violation de la loi relative à la protection de la vie privée, l’administration a un droit de regard sur la qualité de l’eau qui se trouve dans le verre du consommateur non raccordé au réseau de distribution d’eau [1] .

Qu’est-ce qu’une eau bio-compatible?

D’après les connaissances scientifiques actuelles, on peut proposer des valeurs guides, donc pas des normes rigides, pour l’eau dont la consommation prolongée ne peut en principe porter de préjudice à la santé.

Par rapport aux normes légales pour l’eau potable, une eau bio-compatible peut contenir un petit nombre de bactéries (une dizaine par 100 ml) de contamination fécale et une centaine de germes banals. Cette quantité de bactéries est très bien tolérée  par l'écrasante majorité des individus.

Quant aux normes physico-chimiques, elles sont plus sévères que dans l’eau légalement potable.

Valeurs guides pour une eau bio-compatibleou bonne à boire

  Bio-compatible Acceptable Légalement potable
pH 5,0 – 7,5 6,5 – 8,5 6,5 – 9,2
rH2 (1) 18 - 29 28 – 30 Non considéré
k (2) 10 – 200 µS/cm 200 – 850 < 2.300
W (3) 3 – 30 µW 30 – 100 µW Non considérée

(1) rH2 caractérise les propriétés rédox

(2) k (prononcer: «kappa») = conductivité électrique exprimée en microsiemens par centimètre

(3) La quantification de Vincent. Voir à ce sujet J.Országh, Quelques aspects physico-chimiques des coordonnées bio-électroniques. Sciences du Vivant, (Ed. Arys, Paris), volume 4, pages 45-62 (1992)

 Pour être bio-compatible, une eau doit être électrochimiquement structurée. Il ne faut pas oublier le fait que la vie a pris naissance dans l'eau salée de la mer. Nous en conservons le souvenir dans le sérum de notre sang. La structuration électrochimique se fait grâce au champ électrique intense des ions dissous dans l'eau. Ces ions proviennent de la dissociation électrolytique des sels minéraux. Pour la bio-compatibilité, il faut que la totalité de la masse de l'eau soit structurée dans les champs électriques des ions. En électrochimie on dit que l'eau se trouve dans la "région cybotactique" ou dans la couronne de solvatation qui entoure chaque ion dissous. Dans cette couronne de solvatation, les molécules d'eau quadripolaires prennent une orientation déterminée par le champ électrique. Au lieu d'être dans un désordre total, comme dans l'eau chimiquement pure, les molécules d'eau constituent un ensemble ordonné.

 La couronne de solvatation autour des ions n'a qu'un rayon d'une dizaine d'Angström. Elle est donc finie. Une eau est dite "structurée" quand les couronnes de solvatation des ions voisins se touchent. Cette situation se présente lorsque la concentration des ions (sels minéraux) atteint la valeur seuil de 10 milligrammes par litre. Au-dessus de cette valeur l'eau n'est pas plus structurée, mais elle est plus chargée en ions. En dessous, elle n'est que partiellement structurée. La valeur de seuil a été calculée à l'aide de la théorie classique des électrolytes de Debye-Hückel. Cette théorie donne un modèle mathématique de la structure des électrolytes en solution aqueuse.

 C'est la raison pour laquelle, pour être bio-compatible, une eau doit contenir au moins 10 mg de sels minéraux par litre.

En résumé 

Une eau bio-compatible n’est jamais obtenue par désinfection chimique. Elle est faiblement minéralisée (contenant de 10 à 250 mg/l de sels minéraux), légèrement acide et possède un caractère rédox indifférent ou légèrement réducteur, jamais oxydant (par rapport à l'eau chimiquement pure).

Boire de l'eau distillée?

Certains commerçants, se réclamant de la bio-électronique Vincent, recommandent de boire l'eau distillée. Il s'agit ici d'une interprétation abusive de la pensée de Louis-Claude Vincent. La distillation fait "table rase" au niveau des solutés (substances dissoutes) dans l'eau. C'est par distillations successives que les chimistes préparaient dans le temps de l'eau chimiquement pure. Une telle eau, ne contenant pas d'électrolyte (sels minéraux) n'est pas structuré au niveau moléculaire. Une eau déstructurée n'est pas bio-compatible, elle peut même devenir dangereuse pour la santé. Pour être structurée, la présence d'une petite quantité d'ions, provenant de la dissociation électrolytique des sels minéraux, est indispensable. 

Boire donc de l'eau distillée ou déminéralisée n'est pas bonne pour la santé. Les appareils de distillation ne sont donc pas utiles - sauf dans la trousse de secours des canots de sauvetage des bateaux. Un appareil courant d'osmose inverse, tout en éliminant une grande partie des sels dissous dans l'eau, en laisse suffisamment pour la structuration. Une eau osmosée est donc bio-compatible. Malheureusement, certains commerçants proposent des systèmes à osmose inverse couplé à un système de désionisation à l'aide des résines. L'eau chimiquement pure obtenue n'est évidemment pas bio-compatible. C'est la raison pour laquelle ces mêmes commerçants proposent alors à leurs clients des sels minéraux standardisés à dissoudre dans l'eau. C'est une démarche inutile, car un simple système à osmose inverse fournit déjà une eau faiblement minéralisé de qualité équivalente, pour un pris largement inférieur.

On trouve à présent de nombreuses propositions pour enlever le sel de l'eau de mer par distillation ou par osmose inverse. La distillation peut aussi se faire avec l'énergie solaire ce qui lui donne une coloration environnementale. De là, affirmer que la distillation solaire constitue la panacée universelle pour donner boire à tous est une position qui ne tient pas compte de nombreux aspect du problème de l'eau dans le monde.

Dans certains cas, la distillation solaire de l'eau de mer peut devenir une source intéressante d'eau douce pour les usages non alimentaires. L'eau distillée, dépourvue de sels minéraux n'est pas bio-compatible. On peut cependant l'améliorer par stockage dans une citerne en béton enterrée. L'eau y dissoudra une petite quantité de carbonates et d'hydrogéno-carbonates de calcium, pour devenir propre à la consommation - après micro-filtration sur céramique et traitement au charbon actif. 

Dans l'écrasante majorité des cas, même en plein milieu du désert, la récupération de l'eau de pluie semble être une solution plus simple et moins onéreuse que la distillation solaire. Cette dernière restera d'application dans les zones côtières. Outre la distillation solaire, les pays en voie dedéveloppement disposent à présent d'une série de solutions techniques fiables et bon marché pour assurer l'approvisionnement de la population en eau potable de haute qualité. Lire le chapitre consacré à ce sujet.

Les autres caractéristiques sont identiques à ceux de l’eau légalement potable.

Remarque importante

Il est bien plus facile d’éliminer les bactéries d’une eau que d’en modifier les caractéristiques physico-chimiques. Une filtration à l’aide d’un filtre en céramique élimine la presque totalité des bactéries, sans avoir recours à la désinfection chimique. Les caractéristiques physico-chimiques d’une eau de pluie correctement stockée dans une citerne en béton correspondent aux niveaux guides pour l’eau bio-compatible.

Les sels minéraux dans l'eau

L'eau des précipitations contient vraiment très peu de sels minéraux. Lors de la neutralisation dans la citerne, elle s'en charge légèrement. Sa teneur alors en minéraux, tout en restant faible, est largement suffisante pour la structuration électrochimique.

La question revient souvent concernant les besoins en sels minéraux de notre organisme. Un des reproches qu'on fait souvent à l'eau de pluie rendue potable est précisément sa teneur faible en sels minéraux, insuffisante "pour couvrir nos besoins". 

Les sels minéraux absorbés avec l'eau potable ne font que passer par l'organisme. Après un temps relativement court (environ 20 minutes, si l'on urine), ces sels sont éliminés avec l'urine. Il serait plus juste de dire qu'une quantité à peu près équivalente est éliminée par l'urine. Les besoins en sels minéraux de l'organisme sont couverts par notre alimentation et non pas par l'eau que nous buvons. Le rôle principal de cette eau est de compenser les pertes par la transpiration, la respiration et par les déjections. L'eau qui nous quitte par ces émonctoires, emporte en même temps les déchets de notre métabolisme. L'eau que nous buvons "nous lave" de l'intérieur. 

De ce fait, plus l'eau potable est chargée en sels minéraux, moins elle peut jouer ce rôle d'épuration et plus elle surchargera la fonction rénale. Il ne faut, évidemment pas en conclure la nécessité de boire de l'eau distillée ou traitée par osmose inverse combinée avec un filtre désioniseur, comme proposent certains commerçants.

La teneur en sels minéraux (plus exactement: électrolytes) d'une eau de citerne est de l'ordre de 50 milligrammes par litre. En dessous de 10 mg/l, l'eau est trop pauvre en électrolytes, il faut donc en ajouter. Au-dessus de 200 mg/l, elle est susceptible de surcharger les reins. Cependant, une personne bien portante, peut tolérer, sans problèmes une eau contenant même 800 mg/l. Seulement nous ne savons pas à priori si notre fonction reinale est notre "point faible" ou pas. C'est au moment, souvent à un âge avancé, qu'on réalise cette faiblesse - bien trop tard. La consommation d'une eau de qualité bio-compatible est donc une sage précaution.

Les eaux minérales à usage thérapeutique ne sont évidemment pas concernées par ces considérations. Les sels dissous dans ces eaux ont des vertus appréciables. Seulement, il faut les consommer temporairement, sous forme de cure. Ce serait une erreur d'en faire son eau de table. Consultez votre médecin à ce sujet.

L'eau bio-compatible intrigue les lecteurs de ce site. Voici une lettre type, dont la lecture est instructive.

Apprendre à boire

Tout le monde s'accorde à dire qu'un homme bien portant doit boire au moins 1.5 litres d'eau par jour. Ce n'est pas uniquement pour compenser les pertes par les urines, les fèces et la transpiration, mais également pour alimenter les processus physiologiques dans l'organisme. 

Pendant longtemps, j'ai été convaincu que je buvais suffisamment d'eau. Devant des problèmes de santé, notamment cardiaques, mon médecin a attiré mon attention sur un fait tout à fait banal. Dans ce litre et demi d'eau (pour être exact: il est souhaitable d'absorber la trentième de la masse coporelle) que nous devons boire par jour, il ne faut pas comptabiliser les autres liquides, certes riches en eau, comme le café, le thé, les jus de fruits, les boissons de toutes sortes, la soupe, etc., ni l'eau contenu dans les aliments. Cette eau est assimilée par l'organisme en tant qu'aliment. Or, nous avons également besoins d'eau libre ou mobile non chargée en substances dissoutes. Donc rien ne peut remplacer l'eau pure (bio-compatible de préférence). Il est intéressant de lire à ce sujet les travaux du Docteur F. BATMANHELIDJ. 

Même en l'absence d'absorption d'eau pure, grâce à la capacité d'adaptation des organismes vivants, notre corps finit par "se débrouiller" en extrayant l'eau des aliments, mais dans ce cas, un état de soif physiologique finit par s'installer. Au bout d'un certain temps, nous perdons même le sentiment de soif. La soif chronique non décelée qui en résulte finit par altérer les fonctions vitales et provoquer des maladies dont même des médecins expérimentés ne soupçonnent pas l'origine réelle. Chaque organisme réagit autrement à la soif chronique. Au début, on ne sent qu'une sorte de fatigue et de perte d'énergie. Par après, des maux de tête et des migraines peuvent apparaître, dont aucune analyse médicale ne trouve l'origine. Chez certains, les articulations deviennent douloureuses, chez d'autres on constatera une hypertension ou le développement d'un ulcère à l'estomac, une constipation chronique ou même des problèmes cardiaques. Il est tout à fait évident que ces altérations de santé ne sont pas toujours imputables à la soif chronique, mais celle-ci les aggrave toujours. Parfois elle les provoque.

La soif chronique entraine la déshydratations des cellules (vieillessement prématuré entre autres). On peut aisément comprendre le développement d'une soif, alors qu'on absorbe de grandes quantités d'eau sous les formes les plus diverses, comme jus de fruits, boissons sucrées, vin, bière, etc. Pour cela, il suffit de mesurer la pression osmotique de ces liquides et la comparer à celle de l'eau pure (bio-compatible). C'est pour découvrir que ces liquides alimentaires sont en fait hypotoniques. Arrivé dans le système digestif, ils y créent une sorte de dépression osmotique qui "pompe" l'eau de l'organisme vers les intestins et vers les reins. Certains suopçonnent même l'existence d'un problème de déminéralisation.

Je pense que c'est une erreur d'assimiler l'eau contenue dans une soupe ou dans une bière à l'eau d'une source ou d'un bon puits et de comptabiliser dans nos besoins en eau. Dans les deux cas, il s'agit de H2O, mais l'eau liée par les solutés (substances dissoutes) n'est pas "libre". Elle se trouve dans un champ électrostatique entourant les ions et les autres molécules dissoutes que le Dr Kosower a nommé "région cybotactique" dans les solutions aqueuses. Dans les processus d'échanges osmotiques notre organisme a besoin d'une certaine quantité d'eau "libre" ou "mobile", pour le maintien des fonctions vitales. 

Contrairement aux idées reçues, c'est précisément l'absorption d'eau fortement minéralisée ou chargée d'autres substances dissoutes qui, par le jeux de la pression osmotique, provoquera une sorte de "pompage" de sels minéraux vers les émonctoires. C'est une des raisons pour laquelle une eau dite "bio-compatible" est faiblement minéralisée. 

Comme je viens de l'indiquer plus haut, j'étais convaincu de boire assez, jusqu'au jour où, en tant que scientifique, je me suis mis à mesurer chaque décilitre d'eau que j'absorbais. Le résultat était surprenant: je buvais moins d'un demi-litre d'eau par jour, sans éprouver le moindre sentiment de soif. Je me suis donc imposé un autre régime hydrique par absorption d'environ 1,5 litre d'eau pure par jour. Au début, j'ai du me forcer, car je n'avais pas soif. Celle-ci n'est apparue qu'au bout d'un ou deux semaines de ce régime. Par contre, le résultat ne se faisait pas attendre: la constipation s'est résorbée, mes douleurs néphritiques (heureusement rares) ont progressivement disparues, la fonction cardiaque s'est régularisée par la disparition des palpitations.

Sans être la "panacée universelle", je pense que le passage à une consommation correcte d'eau, est susceptible d'apporter des améliorations, parfois spectaculaires, de la santé. 

En toute honnêteté, je dois aussi signaler au lecteur que les considérations développées ci-dessus ne sont pas partagées par tous les spécialistes en alimentation. A titre d'exemple, d'après Alain Mahieu - conseiller hygiéniste - l'absorption d'une quantité excessive d'eau peut aussi entraîner des problèmes de santé. Je le cite: "Certains ont souligné que, comme par hasard les grands buveurs d'eau sont très souvent victimes de jambes lourdes, de surcharge pondérale (rétention d'eau) de pesanteur abdominale, de sensation de balonnement, bref tous les embarras prétendument évacués..." par une grande consommation d'eau (Cf. Bioinfo, n°82, septembre 2008, page 14).

Il faut reconnaître que les intéractions entre l'eau absorbée et l'organisme sont d'une complexité énorme. Les prises de position, parfois contradictoires, s'alimentent pourtant des observations cliniques honnêtes. Même pour un scientifique, il est difficile de contrôler le caractère bien-fondé d'une affirmation. Les différentes observations cliniques sont faites sur des patients avec des données biologiques et pathologiques différentes. Nos connaissances en biologie moléculaire sont insuffisantes pour pouvoir trancher cette question avec certitude. 

Comme souvent, "la voie d'or du milieu", couplée à une observation attentive de son organisme est notre meilleur guide. En matière de consommation d'eau, l'idéal serait de retrouver la capacité de ressentif la vraie soif. Cette sensation peut malheureusement se perdre par un hygiène alimentaire inapproprié. Nous pouvons entreprendre une cure d'eau en absorbant effectivement un trentième de notre masse corporelle. Une telle démarche - du moins limitée à une ou deux semaines - n'entraînera pas de problèmes de santé. Il nous appartient d'être attentif aux réactions de notre organisme et ajuster la démarche pour l'obtention d'un bien-être. Entre le "trop" et le "trop peu" c'est notre perception qui tracera la voie juste. 

Après une semaine de cure d'eau il faut déceler le moment où - même avant d'avoir absorbé la quantité prévue, notre organisme exprime son refus: la perte de plaisir de boire. Un autre test consiste à examiner la couleur de notre urine: trop claire = trop d'eau absorbée, trop foncée = trop peu d'eau. Attention, la couleur de l'urine varie du matin au soir. Pour ce test, il faut recueillir dans un récipient, 24 heures de production.

Plus on consomme l'eau, plus il convient d'être attentif à sa qualité. Cette idée doit cependant être modérée un peu. Au risque de décevoir certains, je pense qu'il est de loin préférable de boire par jour suffisamment d'eau de ville (de préférence débarrassée de chlore par aération dans une carafe ouverte) de qualité médiocre que d'absorber une quantité trop faible d'eau "dynamisée", "magnétisée", etc. de haute qualité. La quantité correcte est une première approche avant de penser à certaines qualités qui se trouvent dans les subtilités.

Encore une remarque. De plus en plus de spécialistes en alimentation et diététique semblent cependant admettre les considérations scientifiques découlant de la théorie de bio-électronique Vincent. Même si sur la quantité des avis divergent, quant à la qualité une sorte de consensus se fait: l'eau bio-compatible est faiblement minéralisée (moins de 200 mg/l), légèrement acide ou neutre, et chimiquement indifférente (rH² inférieur à 29).

Sur la "dynamisation" de son eau potable

On me pose souvent la question de savoir quel appareil choisir pour "dynamiser" son eau potable. De tels appareils se font de plus en plus nombreux sur le marché.Les améliorations obtenues par ces appareils ne sont pas détectables par des analyses chimiques ou électrochimiques classiques - y compris des analyses bio-électroniques. Cela ne signifie évidemment pas - du moins dans certains cas - l'absence de modifications au niveau de l'eau traitée. Les analyses qualitatives par cristallisation fractale (certains appellent cette technique cristallisation sensible) décèle effectivement des modifications.

Dans la publicité de ces appareils on fait souvent état d'observations cliniques prouvant le caractère miraculeux de l'appareil proposé (tourjours à des prix élevés par rapport au coût réel de la fabrication du matériel). Le problème avec ces observations est la séparation de la part objectif et subjectif de l'expérience. Certains scientifiques diraient: "il suffit de faire des test en double aveugle pour séparer les deux". C'est une position respectable, mais ne donne pas la garantie d'être réellement dans le vrai. L'erreur vient du méconnaissance de l'emprise énorme de notre cerveau, de notre conscience sur le corps. Dans bien de cas, un médicament testé "absolument inefficace" en double aveugle, peut devenir une remède remarquable chez des personnes qui ont pu établir un lien actif entre leur psychisme et l'état de leur santé. Le chemin individuel vers cette liaison - vers son unité - est probablement la base de la médecine post-scientifique, la médecine de l'avenir qui remplacera la médecine actuelle scientiste. Il ne s'agit nullement d'une médecine des mystiques, mais d'une science qui aura intégré toutes les composantes de l'être humain. 

Le domaine d'application de l'eau dite "dynamisée" se trouve à ce nieau. A moins que je me trompe lourdement, la question primordiale n'est pas de savoir si un tel ou tel méthode de dynamisation est efficace ou non, mais de connaître son domaine d'application dans l'art de guérir ou de préserver la santé. Chaque être humaine est unique et différent des autres. Je pense que pour les mêmes maux, il existe une multitudes de remèdes adaptées à chaque individu. A mon avis, rien ne sert à dépenser beaucoup d'argent pour l'achat de dynamiseurs miraculeux, sans avoir fait une démarche personnelle vers son unité. Quand, à l'issue d'une telle démarche, une certaine unité s'installe, on découvre dans tous cas, les voies gratuites ou très bon marché vers l'objectif santé.

Il vaut mieux savoir que ces dynamiseurs miraculeux - à de très rares exceptions près - ne modifient pas la composition chimique et les propriétés électrochimiques de l'eau. Or, ce sont précisément ces propriétés qui déterminent en premier lieu les conditions nécessaires pour la sauvegarde de la santé. Donc, rien ne sert à "dynamiser" (à prix d'or) une eau médiocre au point de vue chimique et/ou électrochimique. Ceux qui prétendent de rendre bio-compatible une eau de distribution médiocre sans modifier sa composition chimique trompent leur clients. Quand l'appareil proposé est en plus cher, cela s'apparente à l'escroquerie. 

Les vendeurs parlent souvent de la structuration des molécules d'eau, bien souven sans connaître les fondements électrochimiques de ce terme. Une eau chimiquement pure est effectivement déstructurée. C'est le cas de l'eau distillée ou complètement déminéralisée à l'aide d'appareils à osmose inverse couplés avec des résines désionisantes. Ces appareils coûtent d'ailleurs très cher par rapport à un simple osmoseur. La base de la structuration supramoléculaire se fait sous l'effet des électrolytes dissous dans l'eau. Ces électrolytes proviennent de la dissociation électrolytique des sels minéraux. Le champ électrostatique intense des ions alignent les molécules d'eau quadripolaires (possédant deux charges positives et deux charges négatives réparties sur les sommets d'un tétraèdre) pour former des structures ordonnées. C'est la première condition de la bio-compatibilité. Cet objectif est atteint dès que la totalité des molécules d'eau se trouvent alignées dans les champs électriques des ions dissous (se trouvent dans la couronne de solvatation). D'après la théorie classique (celle de Debye-Hückel) des élecrolytes, le recouvrement des couronnes de solvatation des ions voisins a lieu à une concentration en sels minéraux au-dessus de 10 milligrammes par litre. Une eau potable contenant par exemple 15 ou 20 mg/l de sels minéraux est déjà bio-compatible à ce point de vue. 

L'introduction d'autres corps (résidus de pesticides, détergents, médicaments classiques, composés organiques) modifie la structure initialement induite par les ions dissous. De même, la dissolution de trop de sels minéraux en fait autant, mais différemment. Dans les deux cas, on s'éloigne des conditions de bio-compatibilité. Les appareils de "dynamisation" ont pour l'objectif de ramener la structuration de l'eau à l'état qu'elle avait en contenant moins de 100 mg/l d'électrolyte et en l'absence d'autres polluants. Tant que ces autres polluants y restent et aussi en l'absence d'un large excès de sels minéraux, il n'est pas raisonnable de s'attendre à des résultats probants. La raison profonde en est l'intensité énorme des champs électrique des ions à des distances de l'ordre de quelques Agströms, pratiquement inaccessibles avec des moyens électroniques ou électrochimiques (champs magnétiques ou électrostatiques externes ou dissolution anodique des métaux dits "oligo éléments"). Ce que les test de cristallisation fractale (y compris des cristaux de glace) démontrent est uniquement le fait de réarrangements ioniques susceptibles de modifier les centres de nucléation des cristaux formés au sein de l'eau. C'est la base moléculaire des dispositifs magnétiques pour empêcher la précipitation du calcaire dans les appareils électroménagers.

Quand on dispose d'un appareil - qu'on estime valable - pour bénéficier éventuellement d'un effet de dynamisation, l'eau à dynamiser doit répondre au départ aux critères de bio-compatibilité décrit au début de ce chapitre. Dynamiser donc une eau de qualité médiocre ne sert à rien.   

La dynamisation proprement dite

Une des voies de la "dynamisation" passe par l'introduction d'une information structurelle dans l'eau. Pour cette introduction, la condition nécessaire - mais pas suffisante - est la création d'un état chaotique dans l'eau à l'échelle moléculaire. Un tel état est extrêmement éphémère, il ne dure que quelques millisecondes. L'information doit donc s'y introduire pendant ce moment précis. On peut donc admettre une telle prouesse technique dans une turbulence bien étudiée susceptible de créer un état colloïdal plus ou moins rémanent. Avec de tels appareils la difficulté est deux ordres: la durée dans le temps des colloïdes formées et la nature de l'information introduite. 

Les trubulences artificielles créées dans l'eau génèrent aussi des potentiels électriques parfaitement mesurables à l'aide d'un galvanomètre sensible. La fameuse baignoire de Jeanne Rousseau (bien connue dans les milieux de la bio-électronique) fonctionne suivant ce principe. Il semblerait que ce soit aussi une des voies vers la modification de la structure de l'eau. Malheureusement, à ma connaissance, aucune étude objective n'a montré l'efficacité réel d'un tel système.  

Des interactions électrostatiques avec des surfaces cristallines peuvent aussi influencer la structure de l'eau. Certains minéraux - comme les zéolites naturelles ou la silice colloïdale - ont cette propriété. Ce qui pourrait expliquer les propriétés remarquables de l'eau de certaines sources naturelles. Faute de données analytiques fiables, nous ne pouvons pas nous prononcer sur ces appareils.

Une autre voie consiste à créer un transfert d'information par champs électrostatique et magnétique combinés et pulsés à haute fréquence. Le point de départ est une structure cristalline dans un solide étalon que l'on souhaite transférer soit directement dans l'eau, soit par l'intermédiaire d'un support cristallin (fait en silice très pure ou même du calcaire) que l'on introduit après dans l'eau à modifier. Un exemple typique de cette démarche est la préparation des produits de Plocher. Des observations empiriques semblent indiquer une certaine efficacité, mais tant que le fabriquant n'aura pas jugé utile de rendre public sa méthode de fabrication (ou de la breveter), nous ne pouvons que rester dans l'observation.

La voie la plus simples et la plus fréquente est le transfert d'information par contact de l'eau avec un support de céramique cuit de telle façon qu'il se forme à la surface des cirstaux possédant des centres (en fait des défauts cristallins) ayant un champ électrostatique intense susceptible d'induire une modification dans l'eau. Le contrôle pour la formation de tels cristaux n'est à la porté que de quelques centres de recherche de pointe. Même la microscopie électronique ne semble pouvoir mettre en évidence de telles formations. Je doute fort que les fabriquants de ces céramiques disposent des instruments comme le microscope à effet de tunnel. Je peux cependant admettre des observations simples pertinentes ayant abouti à des résultats intéressants, mais faute de mieux, il faut en rester là et dire honnêtement: voilà ce que nous faisons et voilà le résultat. A propos de ces céramiques, une remarque s'impose. Je suis prêt à admettre (après preuves scientifiques) un transfert d'information par contact direct avec l'eau; dans un pichet fait d'un tel céramique. Je reste, par contre, dubitatif sur la possibilité de modification de l'eau avec une plaque ou un plateau céramique sur lequel on place pendant quelques secondes une carafe ou un verre contenant de l'eau (ou boisson) à modifier. Avec de tels céramiques je n'ai vu que des test de dégustation - jamais faits en double aveugle - de la part d'un public qui ne demande pas mieux que de croire le promoteur. 

Le problème de ces méthodes est de leur nature encore empirique et souvent peu reproductible. Cependant, même l'empirisme peut produire des solutions intéressantes, à condition de jouer honnêtement la carte de la transparence. C'est ici que le "bat blesse" avec les inventeurs de ces appareils. J'ai eu l'occasion d'en rencontrer un certain nombre dans le but de comprendre leur invention. Dans tous les cas, sans exceptions, je n'ai eu pour explication, qu'un baratin pseudo-scientifique absolument incompréhensible. Je veux bien admettre les faits expérimentaux observés, mais si nous ne pouvons pas proposer une explication qui "tient la route" au point de vue scientifique, ayons l'honnêteté de dire qu'il s'agit du résultat de telle ou de telle observation. Ayons également l'honnêteté de préciser la nature technique de l'appareil vendu. Sur ce point, je n'ai jamais pu récolter la moindre information utilisable. 

Je veux bien admettre les effets cotrôlables et reproductibles. Une bonne invention, même empirique, est une propriété intellectuelle qui mérite une protection sous forme d'un brevet, marque déposée ou autre. Mais dès le moment où cette protection est assurée, rien n'empêche l'inventeur de communiquer le principe de fonctionnement de son appareil. A défaut de cette communication, aucune vérification digne de ce nom ne peut avoir lieu et la démarche commerciale peut être soupçonnée de fauduleuse.

       

Pour continuer la lecture, aller à la page Le chlore dans l’eau

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[1] Pourtant, en faisant systématiquement l’analyse du contenu des verres des personnes qui consomment l’eau de distribution, on y découvrira bien souvent de l’eau «non conforme», en raison de la contamination ultérieure à la sortie du robinet. Pour assurer la conformité microbiologique dans son verre et dans son assiette, après la vaisselle, il faudrait passer les verres, les couverts et les assiettes à l'autoclave, servir sur des nappes stériles avec des gants stériils et un masque de protection sur la bouche, comme dans les salles d'opération. 

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