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Ce chapitre s'adresse aussi bien aux particuliers qu'aux professionnels. Grâce aux indications données, à l'aide de corps de métiers (commerçants de matériel, plombiers, maçons) chacun peut mettre en place le système de récupération de l'eau de pluie correspondant à ses besoins et à ses possibilités.

Pour les aspects plus techniques, après lecture de la présente page, vous pouvez aussi consulter le site: ec-eau-logis

Construire la citerne

Le système de valorisation intégrale de l’eau de pluie ou PLUVALORne s’improvise pas. Les considérations développées ci-dessous s'appliquent évidemment au système PLUVALOR. Ceux qui optent pour d'autres systèmes doivent se référer à d'autres recommandations. En ce qui concerne PLUVALOR, plus de 25 années d’expériences sur le terrain ont mis en évidence une série de problèmes dont la prévention est simple, mais doit être faite de préférence au moment de la conception de l’habitation. Malheureusement, peu d’entreprises connaissent le système PLUVALOR et, de ce fait, les erreurs de conception sont nombreuses et rendent plus difficile l’usage et la gestion des eaux pluviales. Je tiens à attirer l'attention sur le fait qu'en France, le choix de ce système, tout en relevant du domaine privé, peut entraîner des contestations de la part des fonctionnaires de la DDASS.

Pour voir le schéma général d’un système pluvalor,cliquer ici.

Après la lecture attentive de la présente documentation, une discussion entre l’architecte, le maître d’ouvrage et l’entreprise qui fournit le matériel [1] est hautement souhaitable.

Dans la mesure de nos disponibilités, nous répondons par courrier électronique aux questions techniques posées. Contacter à ce sujet:

joseph (point) orszagh (chez) skynet (point) be

Les solutions techniques préconisées dans ces pages sont à la portée d'un bon bricoleur. Consultez aussi le site: "brico.ecolo.free.fr".

Les dimensions de la citerne

Elles sont déterminées par la superficie au sol de la partie de l’habitation dont le toit est raccordé à la citerne. On ne dimensionne donc pas une citerne d’après le nombre d’usagers, ni d'après le nombre d'utilisateurs.

Dans la mesure des possibilités du terrain, lors de la conception d’une maison, afin d’augmenter la quantité d’eau récupérable, il est préférable d’opter pour une habitation  de plein pied au lieu de construire en hauteur. Il va de soi que tous les versants du toit seront raccordés à la citerne.

On prévoit pour chaque tranche de 100 m² au sol (donc 10x10m) une capacité d'au moins 15 m³ pour la citerne. Une habitation de 5x10m aura donc une citerne d’environ 7.5OO litres, une de 10x20m une citerne de 30 m³. On peut évidemment arrondir ces valeurs, de préférence vers le haut.

Lorsqu’on construit la citerne, celle-ci aura deux compartiments: le compartiment de décantation dont la capacité est d’environ 20 % du volume total et un compartiment de stockage représentant 80 % du volume. Attention, le volume d’une citerne est calculé jusqu’au niveau du trop-plein. 

Toutes les eaux du toit arrivent dans la citerne de décantation dont le trop-plein se déverse dans dans la citerne de stockage.

Dans le cas du placement des citernes préfabriquées , on en placera au moins deux: une petite pour la décantation et une grande pour le stockage.

Les matériaux pour la citerne

Il est préférable d'oublier les citernes en plastique et en métal. Afin de bien neutraliser l’acidité naturelle de l’eau de pluie, on choisira le béton, la maçonnerie classique ou les pierres calcaires.

Eu égard au fait que les citernes en plastique (PVC, polyéthylène, polypropylène) sont moins chères et se transportent plus facilement que les citernes préfabriquées en béton, il serait intéressant d'entreprendre des expériences dont le but serait de tester la possibilité de stockage dans des citernes en plastique, mais après neutralisation de l'eau par un passage à travers une petite citerne en béton. A cette fin, on pourrait prévoir le placement d'une petite citerne de décantation en béton, pour la neutralisation, dont les eaux se déverseraient dans la ou les cuves de stockage en plastique. Attention, même les citernes en plastique doivent être entrerrées. 

On peut également envisager le placement des pierres ou des granules calcaires dans des citernes en plastique afin de neutraliser l'eau. Cette solution présente l'inconvénient de rendre difficile l'entretien de la citerne: l'élimination des boues de décantation.

 Certains fabriquants en Allemagne préconisent le placement des réservoirs de 1500 à 2000 litres dans une cave pour stocker l'eau. Dans ces citernes, faute de neutralisation et à cause des fluctuation de température l'eau stockée devient rapidement putride et ne peut servir au mieux que pour les lessives.

Au cas où des infiltrations sont à craindre dans la citerne à partir des eaux souterraines, on placera un enduit en goudron ou autre matériau étanche sur les parois extérieures de la citerne. Les parois intérieures seront revêtues d’une couche d’enduit en mortier ciment. Afin de faciiter les entretiens et limiter le développement excessif de bactéries, cet enduit doit être bien lisse. Eviter les enduits synthétiques étanches qui ne peuvent pas neutraliser l’acidité de l’eau. Certains de ces enduits peuvent le faire. Il faut donc se renseigner à ce sujet auprès d'un bon fournisseur. Des enduits d'étanchéité composé de ciment incorporé dans un polymère peut neutraliser l'eau de pluie. Nous n'avons malheureusement pas suffisamment de recul pour connaître le comportement de ces matériaux après de nombreuses années d'usage. D'une manière générale, un bon enduit en mortier ciment convient parfaitement et rend bien étanche la citerne. Certaines citernes qu'on trouve dans des anciennes forteresses, faites en pierres naturelles et rendues étanches avec du mortier à la chaux ont plusieurs siècles et fonctionnent encore parfaitement.

La qualité du béton

Beaucoup d'utilisateurs potentiels se posent la question de savoir si tous les bétons conviennent au stockage de l'eau de pluie destinée à la consommation domestique. On pense surtout aux résidus toxiques pouvant provenir des "combustibles de substitution" (déchets divers brûlés dans les fours) lors de la fabrication des ciments. Les ciments dits de Portland, utilisés pour faire du béton, sont fabriqués à une température de 1700°C, température à laquelle aucune molécule organique, qu'elle soit toxique ou non, ne peut résister. Les éléments comme les "métaux lourds" seront cependant incorporés dans le produit final, mais sous forme de silicates et oxydes, pratiquement insolubles dans l'eau. 

Au cours de nos campagnes de mesures d'eau de citerne, nous n'avons jamais relevé une teneur en métaux lourds dépassant les normes pour l'eau potable. Il n'en est malheureusement pas ainsi en ce qui concerne certains eaux de distribution dans lesquelles un dépassement des normes est temporairement possible et admis même par la loi. 

Le zinc et le plomb dans l'eau de pluie

Dans l'eau des citernes la teneur la plus élevée en métaux lourds concerne le zinc. Cet élément peut provenir des gouttières ou parfois des toits en zinc. Heureusement le zinc est très peu soluble en milieu acide (au pH de l'eau de pluie). Dans une eau de citerne, nous n'avons jamais mesuré des teneurs en zinc dépassant 1700 µg/l (microgrammes par litre). La teneur admissible pour l'eau potable se situe à 5000 µg/l. Certaines personnes peuven être sensibles au zinc et développer une allergie par rapport à cet élément. Heureusement, cette affection est rare, bien qu'elle devient un peu plus fréquente à cause de la dépression générale du système immunitaire de la population. En cas de doute, pour la production d'eau potable, il vaut mieux opter pour l'osmose inverse (système un peu plus onéreux) à la place de la micro-filtration. La comparaison des deux systèmes se trouve à la page consacrée à la production d'eau potable au départ de l'eau de pluie. L'osmose inverse éliminera évidemment tous les métaux lourds éventuellement présents dans l'eau de la citerne. Il faut cependant insister sur le fait que dans la plupart des eaux de distribution,  mesurées non pas à la sortie des installations de production, mais au niveau du robinet du consommateur, il y a en général plus de métaux lourds que dans une citerne à eau de pluie.

Il arrive fréqemment que certains éléments du toit (pourtour des cheminées, des fenêtres dites "Velux", des insolateurs, etc.) sont étanchéifiés avec des plaques de plomb. L'eau qui ruisselle sur le toit n'est encontact avec ces éléments de plomb que très peu de temps. Il faut, évidemment éviter de faire les gouttières en plomb, car dans celles-ci, l'eau peut éventuellement stagner et dissoudre un peu de métal. C'est aussi le cas des gouttières de cuivre, à éviter. Dans des centaines d'analyses que nous avons effectuées dans différentes installations, nous n'avons jamais pu relever une teneur en plomb dépassant les normes pour l'eau potable. La teneur mesurée était toujours au moins dix fois inférieure à celle admise par les normes. En cas de doute, vous pouvez toujours faire faire une analyse de l'eau de votre citerne par rapport au plomb et les remarques à propos du zinc restent valables.

La forme de la citerne

Dans le cas d’une citerne préfabriquée, la forme cylindrique ou ovale est imposée par le fournisseur. Ces citernes en béton vibré conviennent très bien à l’usage, mais doivent parfois être adaptées au système. Ces adaptations concernent parfois l’élimination de la rugosité intérieure à l’aide d’une fine couche d’enduit mortier, l’aménagement d’un point bas ou d’un puisard dans le fond, l’agrandissement de l’ouverture d’accès et éventuellement le placement d'une échelle d'accès dans le fond. Pensez aussi au remplacement du couvercle en béton sur l'ouverture d'accès par un couvercle en aluminium armé ou en tôle d'acier renforcée. Le couvercle en béton est lourd et difficile à manipuler.

L'entretien de la citerne

Pour faciliter l’entretien, il n’est pas inutile de placer un carrelage au fond, mais uniquement au fond. Celui sera en pente légère vers un point bas où il est hautement souhaitable d’installer un puisard pouvant contenir une pompe vide-cave. Sans cette précaution, le nettoyage d’une grande citerne peut devenir une véritable corvée.

On veillera à l’installation d’une ouverture d’accès suffisamment large pour laisser passer une personne même corpulente portant un seau. Dans la mesure du possible, on incorpore une échelle métallique dans la paroi de la citerne près de l’ouverture d’accès. La trappe fermant l’ouverture sera en matériau léger, mais solide. Oublier la trappe en béton armé dont l’ouverture demande beaucoup de force musculaire. Préférer la plaque en acier laminé ou en aluminium, munie d’une poignée escamotable ou de trous aménagés pour l’ouverture à l’aide d’un crochet.

Au fil de l'usage, de la boue se dépose au fond de la citerne. Cette boue provient des impuretés solides (poussières de l'air, mousses du toit, etc.). Dans la majorité de cas, cette boue ne présente aucun inconvénient. Quand la quantité de boues est trop élevée, une fermentation anaérobie peut provoquer l'apparition d'une odeur et d'une couleur jaune dans l'eau. Dans la majorité des cas, une aération de l'eau à l'aide d'un disperseur de bulles relié à un aérateur d'aquarium vient à bout de ce problème en quelques jours. Si l'odeur devait persister, il faut procéder à l'entretien de la citerne. Sauf en cas d'urgence, on attend pour cela une période de sécheresse quand le niveau de l'eau dans la citerne de stockage est bas. A l'aide d'une pompe vide-cave, on évacue l'eau résiduaire. On laisse au fond environ 10 à 15 cm d'eau qui servira au premier nettoyage. Les parois sont alors brossées avec une brosse dure (dite "chien dent"). On peut également utiliser un nettoyeur à haute pression (dit "Kärcher"). Dans ce cas, il est inutile de laisser un fond d'eau dans la citerne. Les eaux sales sont alors évacuées en plaçant la pompe vide-cave dans le puisard. Pendant l'évacuation des eaux sales, on racle le fond de la citerne vers le point bas, à la manière de nettoyer un sol de carrelage (cuisine ou salle de bains). C'est la raison pour laquelle, je conseille de carreler le fond, mais uniquement le fond de la citerne. On termine l'entretien avec un rinçage à l'eau propre. Pour cela, on peut utiliser l'eau de ville quand on en a. L'eau de rinçage est aussi évacuée. Après le nettoyage de la citerne de stockage, à l'aide de la pompe vide-cave, on y transfert l'eau contenue dans la citerne de décantation. Afin de ne pas transférer la boue de fond, on prendra soin de ne pas mettre la pompe de vide-cave au fond de la citerne de décantation. 

La fréquence des entretiens

La fréquence des entretiens varie d'une installation à l'autre. Il n'est pas possible de proposer une fréquence donnée. L'entretien sert à enlever les boues qui finissent par s'accumuler dans le fond et peuvent donner naissance à des fermentations parasites générant des odeurs. La vitesse à laquelle les boues s'accumulent dépendent de la pollution atmosphérique du lieu en ce qui concerne la poussière, de la nature du toit, de la qualité de l'installation en amont de la citerne de stockage.

Un bon filtre de sable placé à l'arrivée de la citerne retarde fortement la formation des boues, mais une bonne citerne de décantation munie d'un trop-plein empêchant le passage des surnageants suffit également.

Je connais des installations non entretenues depuis plus de vingt ans qui fonctionnent parfaitement, tandis que d'autres nécessitent un nettoyage tout les deux ans. Une bonne indication est l'apparition des odeurs au niveau des robinets. Si ces odeurs ne sont pas maîtrisées par une aération (aérateur d'aquarium) de quelques jours (maximum 10 à 15 jours), l'entretien s'impose. Attention, les odeurs peuvent aussi apparaître avec un filtre colmaté à la sortie du groupe hydrophore. 

Lire aussi à ce sujet le paragraphe consacré à l'odeur dans la citerne.  

Equipements de la citerne

Pour les grandes citernes (supérieures à 10 m³), il est conseillé de prévoir un éclairage étanche au plafond avec un interrupteur muni d’une lampe témoin placé dans la maison.

Les tuyaux qui relient plusieurs citernes couplées doivent être suffisamment flexibles pour absorber les mouvements éventuels du terrain. A l’entrée du trop-plein qui se déverse dans une autre citerne, on placera un coude tourné vers le bas, afin d’éviter le transvasement des surnageants.

· Prévoir le tuyau d’aspiration  avec un diamètre minimum d’un pouce. Il sera souple et équipé d’une crépine flottante.

· Lorsqu’on utilise l’osmose inverse pour faire de l’eau potable, il faut également prévoir le tuyau de retour de l’eau de rinçage de la membrane dans la citerne.

· Prévoir aussi le tuyau pour alimenter le disperseur de bulles d’un aérateur d’aquarium. Il s’agit d’un tuyau souple en plastique de moins de 8 mm de diamètre. Le placement d'un aérateur d'aquarium est facultatif, mais sa présence peut devenir très utile en cas d'apparition d'odeurs dans l'eau. Même sans le placer, il est donc préférable de prévoir sa place: une prise de courant, interrupeur avec lampe témoin. Afin de pouvoir facilement vérifier son fonctionnement, le disperseur de bulles doit être placé au fond de la citerne, juste en-dessous de l'ouverture.

Ne jamais raccorder le trop-plein de la citerne à un égout. C’est d’ailleurs interdit par la loi. Le trop-plein d’une citerne en usage continu ne fonctionnera que très peu. De ce fait un simple puits perdant ou système de dispersion enterré [2] suffit pour recevoir les eaux en excès. On vend également des trop-pleins dans le commerce. Attention, placer une grille sur le trop-plein afin d’empêcher l’introduction des rongeurs ou des grenouilles dans la citerne.

En amont de la citerne

L’eau qui descend du toit doit être filtrée ou décantée. Afin de protéger l’installation de filtrage dans la maison, un filtre de sable est une solution chère, mais efficace. Ces filtres préfabriqués en béton sont vendus dans le commerce.

On vend également des filtres de sédiment d’une porosité de 100 microns à placer sous chaque descente de gouttière. Ces filtres sont vraiment très pratiques, mais doivent régulièrement être nettoyés.

Les gouttières et les descentes

Les matériaux qui conviennent sont le zinc, le PVC et la faïence. Eviter l’aluminium. Le cuivre et le plomb ne conviennent pas. Ces métaux (sauf l'aluminium) sont solubles en milieu acide (la pluie qui tombe sur le toit est toujours acide) et sont toxiques. En cas de doute, il vaut mieux faire analyser l'eau de la citerne par rapport aux métaux toxiques susceptibles de s'y trouver. Si vous avez déjà des gouttières en cuivre ou en aluminium, faites analyser l'eau par rapport à l'élement de la gouttière. Si la teneur dépasse les normes pour l'eau potable, cela ne signifie nullement que cette eau ne convient pas pour les usages non alimentaires. Cependant, pour la production de votre eau potable, au lieu du système de micro-filtration, vous aurez recours à l'osmose inverse. Cette technique élimine tout danger éventuel provenant des métaux lourds. Il faut insister sur le fait qu'une teneur en métaux dépassant les normes n'est dangereuse qu'en cas d'absorption d'eau en quantités importantes. La quantité d'eau que l'on peut éventuellement avaler pendant la douche, dans son bain ou en se lavant les dents est bien trop faible pour constituer un danger pour la santé.  

Gouttières et toit en cuivre

Certaines vieilles maisons sont équipées de gouttières en cuivre. Lors de la restauration, si on ne les remplace pas, ces gouttières doivent obligatoirement être bien réparées afin de supprimer toute stagnation d'eau, source de "vert de gris" dû à la corrosion du cuivre par l'eau. Dans une vieille installation équipée de gouttières (ou du toit) en cuivre, il vaut mieux faire faire une analyse de l'eau de la citerne afin d'en connaître la teneur en cuivre. Si cette teneur dépasse 1 mg/l, pour la production d'eau potable, le système de micro-filtration ne convient pas. Il faut alors obligatoirement avoir recours à un système à osmose inverse qui enlève les ions cuivriques de l'eau. Pour les usages non alimentaires, une faible teneur (jusqu'à quelques milligrammes au litre) en cuivre ne constitue un inconvénient, tout au contraire, le cuivre est bactéricide. N.B. Il faut, dans ce cas d'éviter de boire l'eau pendant qu'on se douche ou l'eau de son bain.   

Lorsqu’on peut craindre la chute des feuilles sur le toit, placer une grille escamotable de protection sur les gouttières. Afin d’empêcher l’entraînement d’oiseaux morts dans la citerne, placer une grille dans la gouttière au-dessus de chaque descente. Attention, ces grilles demandent une vérification fréquente: tous les deux mois, et plus souvent même en automne. Elles peuvent facilement se colmater et provoquer le débordement des gouttières. Le placement d’un filtre à feuilles est également utile. Attention, un filtre à feuille colmaté peut vous faire perdre beaucoup d'eau. Ce filtre doit aussi être régulièrement nettoyé. 

L'entretien des gouttières

En plus des vérifications des grilles sur les descentes, les gouttières doivent être nettoyées deux fois par an: à l'entrée et à la sortie de l'hiver. Lors de la conception de l’habitation et du jardin, on veillera donc à un accès facile pour les échelles.

La première averse qui suit une période prolongée de sécheresse est susceptible d’entraîner une certaine quantité de poussière dans la citerne. Cette poussière s’y dépose sous forme de boue. Afin de ralentir la formation de boue, certains préconisent le placement d’un système à bascule à la descente des gouttières. Il s’agit d’un segment d’environ un mètre de gouttière relié à un flotteur placé dans un fût de 200 litres. Quand le fût est vide, le flotteur étant en position basse, le segment de gouttière est incliné vers le fût: l’eau des gouttières s’y déverse. Le remplissage de fût soulève le flotteur et la gouttière s’incline dans le sens de remplir la citerne.

Un bon bricoleur peut réaliser ce montage dont l’utilité est cependant discutable. Le problème est de vider le fût au bon moment: ni trop tôt, ni trop tard. En le vidant systématiquement, on perd une quantité appréciable d’eau. En oubliant de le vider, le système devient inopérant et les premières eaux chargées de poussière descendent quand même dans la citerne. A notre avis, un bon système de décantation est bien suffisant pour éviter l’accumulation trop rapide de boue. De plus, un système de décantation, contrairement au système à bascule, ne demande pas une surveillance.

Les matériaux pour le toit

Les matériaux qui conviennent le mieux sont les tuiles (de préférence émaillées afin d'empêcher le développement des mousses), les ardoises naturelles, le zinc et le verre. Un toit plat bétonné convient aussi, pour autant qu'on ne l'utilise pas comme terrasse de séjour. On peut tolérer les ardoises artificielles [3] , la tôle ondulée en fer galvanisé ou en plastique. Eviter le toit en cuivre, en aluminium ou les matériaux synthétiques légers (imitation de tuiles) et le goudron, genre "Derbygum". Le témoignage d'un de mes correspondants relate une expérience heureuse avec un toit en matériaux synthétique.

Remarque:

La presse signale parfois une teneur trop élevée en zinc dans l'eau de pluie. On pense immédiatement aux gouttières et aux toits en zinc. Ces analyses ont été faites sur de l'eau récoltée par ruissellement sur des trottoires, voire des allées de jardins. Les teneurs élevées en zinc proviennent probablement des produits phytosaniaires utilisés en milieu urbain.

Le zinc est un métal insoluble en milieu acide. Or l'eau de pluie qui ruisselle sur un toit est toujours acide, même en l'absence de toute pollution. Les campagnes de mesures que nous avons faites en collaboration avec le Professeur Paul Vander Borght de l'Université de Liège sur de l'eau de citerne chez des usagers du système PLUVALOR présentent une valeur moyenne de 500 microgrammes par litre. La concentration admissible pour l'eau potable est de 5000 µg/l. La récupération de l'eau de pluie sur un toit en zinc ne présente donc aucun problème.

Toit végétal et toit plat

Oublier le toit végétal, inutilisable pour la récupération de l’eau de pluie (sans parler des problèmes d’étanchéité à long terme et du poids nécessitant une charpente solide, donc plus chère). On oublie souvent que le toit végétal et le toit plat suppriment également un espace précieux: le grenier. Ce que l’on investit dans le renforcement du plafond pour supporter le toit végétal suffit pour la construction d’un bon grenier. Ce dernier constitue un espace de rangement intéressant. Lorsque la famille s'agrandit, on apprécie la possibilité d’aménager quelques chambres sous les combles. Avec le toit végétal et plat, il faut y renoncer. Le toit végétal ne récupère que l'eau des toutes grosses averses. L'eau ainsi récoltée sera fortement chargée d'impuretés: suspension de matières humiques (eau de couleur brune), beaucoup de bactéries.

Il est intéressant de lire à ce sujet un autre avis celui de Marc Esselin. Pour cela ouvrir la page : esselin.net    

Toit en bardeaux de bois

En dépit de leur aspect rustique, les bardeaux de bois (mélèze, cèdre ou autre)  ne constituent pas une bonne solution pour la récupération de l'eau de pluie. Dans ses rugosités, le bois retient une quantité non négligeable d'eau. Sur un toit en tuiles, à partir d'une fine pluie, l'eau coulera plus vite vers la citerne qu'à partir d'un toit en bois. L'eau retenue dans les aspérités du bois est ensuite évaporée et n'arrive pas dans la citerne. Ce type de perte peut être évaluée à environ 5% des précipitations. Si le toit n'est pas très grand par rapport aux besoins du ménage, c'est loin d'être une quantité négligeable.

L'inconvénient principal du bois se manifeste au niveau de la détérioration de la qualité de l'eau récupérée. Celle-ci acquière une coloration brune ou jaune due à la présence d'huiles essentielles libérées par le bois. Dans cette eau, il y aura aussi, surtout au début, une suspension de matières organiques. Celles-ci constituent un véritable milieu de culture pour les bactéries. Heureusement ces bactéries ne sont pas pathogènes, mais gênantes. Il faut attendre de 5 à 10 ans avant de voir l'eau récupérée devenir progressivement incolore et relativement propre.

Le problème de l'amiante

Les ardoises artificielles contenant parfois de l'amiante ne constituent pas un inconvénient majeur pour la récupération de l'eau de pluie. L'amiante n'est toxique que par inhalation. A ma connaissance, sa toxicité par ingestion n'est pas prouvée. Il vaut cependant mieux éviter ce type de toit pour les nouvelles habitations. Ceux qui redoutent l'ingestion des fibres d'amiante qui traversent même le système de micro-filtration (sur céramique), peuvent avoir recours à l'osmose inverse pour la production de leur eau potable.

Le placement de la citerne

Afin de garantir la bonne conservation de l’eau , une citerne doit obligatoirement être enterrée. On peut la placer sous la terrasse ou utiliser une pièce, rendue étanche, de la cave comme citerne. Autant que possible, on ne la placera pas sous les pièces d’habitation, mais sous le garage ou sous les bâtiments annexes. Dans le cas d’une construction déjà existante, on peut aussi la placer dans le jardin sous une pergola par exemple (cette dernière n'est évidemment pas obligatoire). Au dessus du plafond de la citerne on aménagera sous la pergola une aire décorative couverte de carrelage ou de pierres naturelles. Les eaux récupérées sur le toit de la pergola seront également conduites dans la citerne. Attention, en plaçant de la terre au-dessus de la citerne, l'herbe qui y possera roussira très vite, même en cas de sécheresse de quelques jours. 

De même, on veillera à raccorder à la citerne le toit de tous les bâtiments annexes, comme celui du garage, de la serre, de l’abri de jardin, ainsi que de l’abri pour le bois de chauffage.

Il faut également penser à l'usage et à l'entretien de la citerne. Pour ce dernier, on doit y descendre. Afin d'éviter de s'éclairer avec une lampe baladeuse potentiellement dangereuse lorsqu'on a les pieds dans l'eau, lors du placement de la citerne on veillera à y amener du courant électrique pour alimenter les lampes étanches fixées au plafond. Ce courant alimentera également l'aérateur d'aquarium. Les interrupteurs des circuits de la citerne, placés dans la maison (dans un local technique par exemple) seront évidemment équipés d'une lampe témoin. 

Lorsque, pour la production d'eau potable, on opte pour l'osmose inverse, il faut veiller à aménager la conduite du retour de l'eau de rinçage de la membrane dans la citerne. 

En cas de placement de plusieurs citernes (décantation et stockage) le tuyau qui relie ces citernes sera souple ou fexible. Ceci pour éviter la rupture en cas de tassement du terrain. Les citernes seront reliées entre elles par le haut. Afin d'empêcher le passage des surnageants d'une citerne à l'autre, chaque tuyau de raccordement sera équipé, côté amont, d'un coude tourné vers le bas. 

Le groupe hydrophore

Il sert à injecter l’eau de la citerne sous pression dans les canalisations de la maison. En France, le goupe hydrophore est souvent appelé "surpresseur". L’alimentation d’une maison familiale nécessite une pompe d’une puissance d’au moins 350 Watts. Les pompes à piston sont très bonnes, mais relativement chères. Les pompes centrifuges sont moins chères, mais fonctionnent également très bien. Un grand réservoir de 200 litres placée à la sortie de la pompe assure un fonctionnement plus régulier. Le placement d’un tel réservoir (même plus petit) est indispensable si l’on veut produire l’eau potable par osmose inverse. Actuellement, on trouve sur le marché des pompes sans réservoir. Elles se mettent en marche dès qu’on ouvre un robinet dans la maison. Ce n’est pas le cas d’une installation comportant un grand réservoir. Avec un grand réservoir, la pompe fonctionnera moins souvent, consommera moins d’électricité et durera plus longtemps. Le moteur électrique d'une pompe a une pointe de consommation au moment de la mise en marche. Il vaut donc mieux espacer les périodes de pompage en plaçant un réservoir plus volumineux. Un réservoir de 25 à 30 litres convient pour cet usage. 

Une section plus grosse pour la tuyauterie

Une attention particulère doit être portée aux canalisations à l'intérieur de la maison. En effet, pour l'eau de ville une canalisation d'un demi pouce suffit. Lorsque la mise sous pression de l'eau est assurée par un groupe hydrophore, il faut une tuyauterie de plus grosse section : un pouce de préférence. C'est pour éviter des chutes de pression à l'ouverture d'un deuxième robinet. En cas d'alimentation en eau de ville, derrière le robinet qu'on ouvre, il y a des centaines, voire des milliers de litres d'eau dont la compressibilité absorbe facilement les fluctuations de pression. Tel n'est pas le cas lors de l'utilisation d'un groupe hydrophore domestique. 

Faut-il dédoubler la canalisation dans la maison?

Nous devons insister sur le fait que contrairement aux recommandations qu'on rencontre couramment, dans le cas du système PLUVALOR, il ne faut pas dédoubler les canalisations d’eau dans la maison, l’un servant pour l’eau de pluie, l’autre pour l’eau de distribution. De ce fait, ce système s'adapte très bien à toutes les installations de plomberie existant, sans transformations. Dans certains cas, lorsque la superficie du toit est insuffisante pour assurer l'approvisionnement en eau, on dedouble la canalisation (Cf. paragraph suivant)

Lorsqu'on opte pour d'autres systèmes que PLUVALOR, on recommande généralement le dédoublement des canalisations dans la maison. Les systèmes préconisés par la plupart des vendeurs sont onéreuses et moins efficaces. Avant l'achat, renseignez-vous. Si un commerçant ne connaît pas le système PLUVALOR, vous risquez de devoir acheter du matériel très couteux et d'une utilité vraiment discutable.

Eau de citerne avec l'eau de ville

Lorsque la superficie du toit est trop petite et que l’eau de pluie récupérée ne couvre pas les besoins du ménage, on peut prévoir un système d’alimentation mixte des circuits d’eau de la maison. Dans ce cas, une solution intéressante consiste à raccorder le W-C et le robinet du garage et du jardin au réseau d'eau de ville et alimenter le restant de la maison en eau de pluie. Cette remarque ne vaut évidemment que pour ceux qui optent pour le système PLUVALOR.

Les sociétés distributrices recommandent le dédoublement des canalisations. Dans ce système l'eau de pluie ne sert que pour arroser le jardin et alimenter la chasse du W-C. Certains spécialistes admettent l'usage de l'eau de pluie pour les lessives, avec toutefois des précautions à prendre. Ce n'est évidemment pas le système PLUVALOR, dont le placement implique une démarche,  je dirais presque philosophique, de la part de l'usager. Avec PLUVALOR, on sort du système de l'irresponsabilité institutionnalisée pour devenir gestionnaire responsable et producteur de son eau.

Certains sont tentés de placer un jeu de vannes pour alimenter tour à tour la maison soit au départ de la citerne, soit avec de l’eau de distribution. Au point de vue technique, cette disposition est tout à fait rationnelle [4] et il faut dire: bien pratique, mais les sociétés distributrices d’eau ne l’acceptent pas. Certains sociétés admettent le raccordement de l’un ou de l’autre source au réseau intérieur de la maison à l’aide d’un tuyau flexible détachable. Dans tous les cas il faut obligatoirement placer une vanne anti-retour à la sortie du compteur d’eau.

Une autre solution technique consiste à aménager une conduite d’eau partant du compteur d’eau vers la citerne. Cette conduite peut même être un simple tuyau flexible d’arrosage. Attention, il faut veiller à ce que la sortie du tuyau d’alimentation de la citerne au départ du compteur soit obligatoirement au-dessus du niveau du trop-plein de la citerne.

IMPORTANT! Dans tous les cas, il faut faire en sorte que l'eau de la citerne ne puisse jamais arriver dans le réseau de distribution d'eau de ville. 

Avant de tomber en panne sèche, on réalimente un peu la citerne en eau de ville. Grâce au fond de la citerne, l’eau de ville introduite sera un tant soit peu améliorée par dilution avec de l’eau de pluie de meilleure qualité.

Le problème de l'eau de Javel

Ce qu’il faut éviter, c’est l’introduction de l’eau de Javel dans la citerne. Lire à ce sujet le chapitre consacré au chlore

Dans l'eau stagnante d'une citerne, et surtout dans les boues de fond, un nombre très important de bactéries - inoffensives dans leur écrasante majorité - vivent et confèrent à l'eau un équilibre biologique qui varie d'une saison à l'autre. Comme le vin dans les fûts d'une bonne cave, l'eau de la citerne "vit" et change au fil des saisons. L'introduction d'un biocide, comme l'eau de Javel perturbe gravement cet équilibre. Le chlore de l'eau de Javel tue indistinctement toutes les bactéries qui éclatent et libèrent leur matériel génétique dans l'eau. Le milieu ainsi rendu oxydant, est favorable au développement des virus bactériophages qui se nourrissent précisément du matériel génétique des bactéries tuées. A moins de produire son eau potable par osmose inverse, ces virus bactériophages traversent les filtres et pourraient se retrouver dans l'eau potable. Après leur absorption, à l'intérieur des cellules de notre organisme ces virus peuvent subir des mutations et produire des souches pathogènes. Le milieu rendu oxydant par le chlore favorise ce processus en diminuant l'activité électronique des liquides à l'intérieur de notre organisme. D'une manière générale, le chlore, aussi bien par ingestion que par usage externe, déprime le système immunitaire. Les nourrisons et les enfants en bas âge sont particulièrement sensibles au chlore. Lors du passage de l'eau de ville vers l'usage de l'eau de pluie, de nombreuses familles ont observé une diminution, voire la disparition des affections allergiques. Pour un nourrisson, le bain quotidien dans de l'eau désinfectée au chlore est loin d'être un cadeau...

Dans des cas exceptionnels, on peut cependant avoir recours à l'eau de Javel pour nettoyer une citerne, surtout si celle-ci a contenu précédemment des eaux usées, du fumier ou du purin. Lors de la récupération d'anciennes fosses septiques ou des fosses à purin pour en faire une citerne à eau de pluie, il est préférable de les désinfecter et y placer un enduit bien lisse à base d'un mortier riche en ciment. Le nettoyage d'une citerne à eau de pluie se fait avec une brosse dure dite de "chien dent" ou à défaut avec un nettoyeur de haute pression mieux connu sous le nom de "Kärcher".

Lorsqu'on n'a pas assez d'eau de pluie

Lorsque la superficie du toit est trop petite pour assurer l’approvisionnement du ménage en eau de pluie, une solution rationnelle consiste à raccorder le W-C et les robinets d’arrosage, de nettoyage extérieur à l’eau de ville et le restant de la maison à la citerne. Cette mesure diminue les besoins en eau de pluie de 30 à 40%.

La philosophie de base du système PLUVALOR n'est pas l'économie d'eau de ville qu'on réalise grâce à la valorisation de l'eau de pluie, mais d'assurer un meilleur confort (eau naturellement douce) et de sauvegarder la santé en utilisant une eau non traitée au chlore et faiblement minéralisée. On économisera donc l'eau de pluie de haute qualité pour la réserver aux usages les plus nobles (boisson, cuisine, hygiène personnelle) et on alimentera le W-C (si toutefois on y tient, contre toute logique environnementale) et on arrosera le jardin avec l'eau de ville de moindre qualité.

Avec un indicateur de niveau placé dans la citerne, on peut facilement déterminer le moment de passer à l’eau de ville et inversement. On installera alors un détecteur de manque d’eau dans la citerne et un indicateur de niveau dans la cuisine. On peut encore réduire davantage les frais en installant la sonde d'un dépressiomètre dans la citerne avec affichage du niveau d'eau dans la maison (dans la cuisine par exemple). Ces dépressiomètres sont vendus dans le commerce avec les cuves à mazoute et servent à jauger le niveau de liquide dans ces réservoirs. Un tel instrument coûte entre 50 et 100 €.

Les amateurs de haute technicité auront recours à des systèmes ingénieux proposés sur le marché. Les deux types d’alimentation peuvent alors être gérés par un tableau de commande . Cette option coûte évidemment plus chère, pour une utilité discutable. 

Lorsque l’électro-vanne ouvre l’eau de ville, celle-ci se déversera directement dans la citerne, où un interrupteur flottant (comme dans la chasse d’un W-C) limite la quantité d’eau de ville introduite. Il est inutile de remplir la citerne en eau de ville. L'introduction d'un peu d'eau de ville suffira, de quoi faire la jonction avec l’averse suivante.

Dans certains pays, même européens, l'alimentation du réseau intérieur de la maison est autorisée au départ de plusieurs sources. La seule restriction est le placement d'une vanne anti-retour directement en aval du compteur d'eau. Cette solution donne toute garantie de protection du réseau public contre le refoulement d'eau non potable. Dès lors, à l'aide de deux vannes, la maison peut être alimentée soit au départ du compteur d'eau, soit au départ de la citerne. C'est une solution simple partique, peu coûteuse et très efficace. Ici aussi, lorsque la superficie du toit est insuffisante pour couvrir les besoins en eau de pluie, on raccordera le W-C à chasse et les robinets du jardin, à titre permanent, à l'eau de ville.  

Comment discuter avec un fournisseur de matériel pour la récupération de l'eau de pluie?

Les commerçants qui vendent du matériel pour la gestion de l'eau dans la maison doivent appliquer la loi qui, surtout en France, impose l'utilisation de l'eau de qualité potable pour tous les usages domestiques. Par ailleurs, la définition juridique même de "l'usage domestique" n'est pas sans ambiguïté. En appliquant rigoureusement la législation française, nul n'est autorisé à utiliser dans ce pays le système PLUVALOR décrit dans ces pages. Sans vouloir inviter le public à une désobéissance civique, je dois attirer son l'attention sur les incohérences et le caractère inadéquat de la législation sur l'eau. Dans certains cas, les techniques, comme la désinfection par le chlore et par irradiation ultraviolette, recommandées, imposées même, par la loi, peuvent à juste titre, êtres soupçonnées de porter atteinte à la santé publique.

Quand on s'adresse à un fournisseur, on entend systématiquement les recommandations pour le placement des filtres au charbon actif et surtout celui des lampes ultraviolets dans le circuit d'eau pour tout usage. 

Ne vous laissez pas impressionner par un discours très "écolo", mettant en avant le respect de l'environnement par la valorisation de l'eau de pluie. Lorsqu'un commerçant recommande d'utiliser l'eau de pluie pour le W-C, l'arrosage du jardin et la lessive, vous pouvez être certain que, soit il ignore les derniers développements scientifiques concernant la valorisation de l'eau de pluie, soit pour des raisons personnelles il ne souhaite pas aller dans le sens de la valorisation intégrale (gestion durable de l'eau). Il vous fera dépenser beaucoup d'argent pour peu d'utilité. Je ne parle même pas de la démarche environnementale tout à fait incomplète.

Le charbon actif est appelé à éliminer les micropolluants (résidus de pesticides, hydrocarbures) et les odeurs de citerne. Pour usage sanitaire, l'expérience de milliers de ménages montre que ce type de filtre n'est pas utile. Les odeurs sont maîtrisées - dans l'écrasante majorité des cas - par l'aérateur d'aquarium placé dans la citerne. Cet aérateur ne doit même pas fonctionner tout le temps. De nombreux usagers n'y ont jamais recours. 

Certains commerçants recommandent aussi la filtration sur 5 microns, voire 1 micron de toute l'eau utilisée par le ménage. Ce n'est vraiment pas utile, tout en étant cher. Les filtres de 1 et de 5 microns se colmatent très vite. Ils demandent un entretien plus fréquent, sans utilité pratique prouvée. Tout au contraire: plus la porosité d'un filtre est faible, plus il réduit la pression et le débit. Dans la pratique, l'eau filtrée sur 25 ou 30 microns suivi d'une filtration sur 10 microns, convient à tous les usages non alimentaires. Un filtre de 10 microns fournit un eau bien limpide. Un tel filtre placé dans le circuit d'eau de distribution en retient une quantité considérable d'impuretés. Dans certains réseaux alimentés en eau de ville, un filtre de 10 microns placé en aval du compteur d'eau est saturée en impuretés en deux semaines.

Avec les indications données sur ce site, vous pouvez parfaitement réaliser le système PLUVALOR, sans avoir recours à une entreprise "spécialisée" dans la valorisation de l'eau de pluie. Des citernes en béton, des pompes, groupes hydrophores, filtres de 25, de 10 et de 5 microns, ainsi que des filtres céramiques avec charbon actif sont disponibles dans le commerce courant. Attention, ne vous laissez pas influencer par un vendeur qui ne connaît pas le système PLUVALOR. Il n'en est pas moins vrai que ces vendeurs disposent, entre autres, du matériel qui vous convient. Au risque de me répéter: pour l'eau de pluie, il ne faut pas de lampe UV pour désinfecter l'eau, le filtre céramique suffit. Vous n'avez absolument pas besoin de filtre "anti-calcaire", "anti-nitrates", ni ceux qui éliminent le fer, et/ou les métaux lourds. Vous ne devez jamais oublier que ces filtres ont été conçues non pas pour l'eau de pluie, mais pour les eaux de ville.


Sur le site Pournotreterre.fr vous trouverez une liste de fournisseurs de matériel pour la valorisation de l'eau de pluie. L'écrasante majorité de ces fournisseurs ne connaissent pas toutes les possibilités offertes par cette option. Ils vous proposeront du matériel trop cher, inadapté au système PLUVALOR. Lisez donc toute cette littérature sur l'eau de pluie avec discernement. Dès le moment où vous avez admis la philosophie d'approche exposée sur ce site, afin d'éviter des dépenses inutiles et des déceptions, vous avez intérêt à vous adresser aux

 Commerçants qui connaissent le système PLUVALOR

(Publicité gratuite)

En Belgique, la société Dellan & Co vend du matériel pour la valorisation intégrale de l'eau de pluie. Dellan livre son matériel en France également. Il s'agit de pompes, filtres, aérateurs d'aquarium, mesure du niveau d'eau dans la citerne (dépressiomètre pour la mesure du niveau d'eau dans la citerne), filtre à feuilles, crépine flottante. On peut y acheter du matériel pour rendre potable l'eau de pluie. Deux systèmes y sont commercialisés: le système AQUASAIN (par micro-filtration sur céramique) et le système à osmose inverse. Adresse: 74, route d'Ath, B-7020 Nimy en Belgique. Tél.: 0032.65.77.85.21 ou 0496.507.505. Courriel: info@dellan.be Site: http://www.dellan.be/ 

Le placement de citernes peut être assuré, entre autres, par BELOT, 27, rue du Caillou, B-7063 Chaussée Notre-Dame. Tél.: (32)67.45.81.11, courriel: entbelot@scarlet.be (publicité gratute).

En France, la société Is'eau énergie semble suivre la philosophie des pages du site EAUTARCIE. Contact: http://www.iseauenergie.net

Remarque importante:

Le site EAUTARCIE n'est lié à aucune activité commerciale. Les renseignements ci-dessus sont donnés dans le but d'aider le public à trouver le matériel nécessaire à la réalisation du système EAUTARCIE. Afin d'améliorer ce service d'information, j'invite tout ceux qui ont pris contact avec les commerçants cités plus haut, de me signaler leur degré de satisfaction. Afin d'élargir la liste ci-dessus, je souhaiterais également être informé de l'existence d'autres commerçants qui ont adopté la même philosophie et éthique commerciales que celles qui motivent les considérations développées sur ce site. 

Le problème des lampes UV

La lampe UV sert à tuer les dernières bactéries ayant échappé à la filtration. L'efficacité bactéricide de ces lampes n'est assurée qu'en laissant couler à chaque usage une quantité d'eau qui n'a pas encore été désinfectée pendant la phase d'allumage. Cependant, le problème des lampes UV se trouve ailleurs. De nombreuses observations faites sur des plantes alimentées en eau traitée aux UV laissent supposer un effet négatif sur la santé. 

Dans le spectre d'absorption de l'eau, il y a une bande très large dans le domaine des ultraviolets. Ce qui fait que la presque totalité des photons ultraviolets très énergétiques sont absorbés par le milieu aqueux. Il en résulte une perturbation grave des niveaux de vibration des molécules d'eau, ce qui a pour conséquence, la destruction  des structures supramoléculaires polymériques du milieu aqueux. Ces structures polymériques déterminent dans les faits les propriétés biologiques de l'eau. Nous ne connaissons malheureusement pas les effets précis de l'eau ainsi désinfectée sur l'organisme humain, mais par extrapolation au départ des effets sur la matière vivante, il est préférable de ne pas irradier l'eau destinée à la consommation. Plusieurs de mes correspondants se sont inquiétés sur les effets de l'irradiation UV sur la santé. Sous réserve de nouvelles données scientifiques, vous pouvez lire mon opinion personnelle sur ce sujet. 

     De plus, pour les usages non alimentaires, nous n'avons pas besoin d'eau stérile. D'après l'expérience de milliers de ménages utilisant ce système, la filtration sur 10 microns ne semble pas poser de problèmes de santé. Pour l'eau potable (2 à 3 litres par jour par personne) un système de micro-filtration (voir le chapitre consacrée à la production d'eau potable) fournira une qualité qui répond aux normes les plus sévères.

Remarque importante. L'utilisation du système PLUVALOR est rigoureusement interdite dans les bâtiments publics. Les fonctionnaires de la DDASS peuvent même imposer l'usage des lampes UV pour alimenter en eau de pluie les chasses des W-C. Mon avis privé sur la question: il appartient aux scientifiques de l'administration d'évaluer la pertinence de cette mesure, compte tenu des frais engagés et des probabilités de risques sanitaires aussi liés à l'usage de l'eau désinfectée au chlore.

En résumé

Mon avis privé sur la question: 

La valorisation intégrale domestique de l'eau de pluie suivant le système PLUVALOR est une question de décision vraiment personnelle relevant strictement du domaine de la vie privée. En ce sens, imposer (au lieu de recommander) des règles concernant la qualité de l'eau à utiliser dans le domaine privé, est anticonstitutionnel. C'est une ingérence inadmissible dans la vie privée du citoyen. En respectant la liberté de chacun, il appartient à l'usager de faire ou de ne pas faire le choix de devenir producteur et gestionnaire responsable de l'eau qu'il consomme lui-même.

Il est curieux de constater que la discussion sur le droit du citoyen à détenir, pour son usage personnel, des drogues et des stupéfiants franchement dangereux est dans le domaine public. Parallèlement, sans que cela fasse l'objet d'un débat public, on lui impose de boire chez lui une eau "conforme" à la loi qu'on peut même soupçonner de nuire, à long terme, à sa santé.

Dernièrement, la législation a été modifiée en France en faveur de l'utilisation domestique de l'eau de pluie. L'octroi d'un crédit d'impôt est un petit pas dans la bonne direction, mais largement insuffisant pour une véritable politique de gestion durable de l'eau. Je vous invite à lire à ce sujet la réflexion développée sur le site econo-ecolo. Il est intéressant de lire les commentaires des lecteurs à la fin de l'article.

Il est également intéressant de noter que le législateur en France s'apprête à interdire l'usage domestique de l'eau de pluie en-dehors de l'arrosage du jardin et de l'alimentation des chasses des W-C. Lire à ce sujet le site econo-ecolo. A mon avis, cette proposition de loi est anticonstitutionnelle, car elle constitue une ingérence dans la vie privée.

Pour les détails plus techniques de la valorisaiton de l'eau de pluie, consultez aussi le site: ec-eau-logis 

Pour continuer la lecture, aller à la page Qualité de l’eau de pluie

Pour voir un système incorrect de collecte d’eau de pluie, cliquer ici

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[1] Parmi les entreprises spécialisées dans la réalisation du système PLUVALOR nous citons 
la société DELLAN, 74, Route d'Ath, B-7020 NIMY – Belgique. Tél.: 0032.65.77.85.21, fax: 0032.(0)65.77.85.21. Contact: Philippe Delmeule 0032.(0)496.50.75.05  Courriel:  dellan@skynet.be  Site: http://www.dellan.be/ 

Consulter aussi http://www.iseauenergie.net/ 

[2] Il s’agit d’une cavité creusée dans la terre dont le volume est d’autant plus grand que le sol est plus imperméable. Pour une citerne d’environ 10 m³, avec un sol perméable, une cavité de 1 m³ rempli de briques cassées (qui restent souvent sur le chantier après construction) recouverte de 15 cm de terre suffit.

[3] L’amiante contenue dans certains revêtements de toit (Eternit) n’est vraiment nuisible que par inhalation. Son ingestion ne semble pas avoir un impact sur la santé. 

[4] En fait, en prenant les précautions nécessaires, la probabilité d’introduire de l’eau de pluie dans le réseau public de distribution est très faible. Il est rare que les groupes hydrophore produisent une pression plus élevée que celle du réseau. Une bonne vanne anti-retour placée en aval du compteur d’eau offre toute garantie contre un tel accident. Afin d'éviter tout problème, je conseille cependant de séparer complètement le circuit d'eau de ville et les tuyaux alimentés en eau de pluie.