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L’EAUTARCIE en ville

Epuration

On pourrait penser que le système est inapplicable en ville lorsqu’il s’agit d’immeubles à appartements. En l’état actuel de la technique et de la législation, l’épuration collective semble être une technique incontournable pour les centres urbains.

On pourrait pourtant diminuer les impacts environnementaux de l’épuration collective en appliquant les concepts de base de l’assainissement intégré .

Une des premières mesures serait la subdivision de la ville en plus petites unités pour la collecte et l’épuration. L’objectif étant d’éviter, autant que faire se peut, le rejet direct des eaux épurées dans une rivière.

Les eaux épurées d’un quartier seraient déversées au sortir de la station d’épuration non pas dans un cours d’eau, mais dans une zone humide aménagée à cet effet. Les plantes achèveraient l’épuration avant que ces eaux ne rejoignent la rivière la plus proche. Ces zones humides pourraient devenir les «poumons» des villes et des refuges pour les oiseaux migrateurs. On pourrait même envisager la valorisation de la biomasse végétale produite à l’aide de taillis à courte rotation.

J’entends déjà les objections relatives à la rareté des espaces disponibles dans les villes. Quand on veut trouver une solution, on finit toujours par en trouver, mais il faut vouloir… Je pense qu’il est préférable d’investir dans de grands collecteurs qui conduiraient les eaux épurées hors de la ville plutôt que dans des grandes stations d’épuration.

Si l’on veut réellement aller vers le développement durable, on peut même envisager l’utilisation du système d’assainissement TRAISELECT, mais uniquement dans des quartiers urbaines à construire. Voir à ce sujet la page TRAISELECT en ville .

Approvisionnement en eau

Une gestion durable de l’eau implique une utilisation conjointe de plusieurs sources disponibles pour l’approvisionnement de la population. L’eau récupérable sur les toits d’une ville est loin d’être une quantité négligeable, bien que trop faible pour couvrir la totalité des besoins des ménages.

Dès le moment où l’on est sorti de la logique de l’eau marchandise (voir à ce sujet la page Sortir de la politique de l’eau marchandise ), la société communale de distribution d’eau n’a plus intérêt à pousser la consommation pour augmenter les recettes. En détaxant l’eau, l’administration régionale ne doit(peut) plus compter sur les recettes fiscales de l’eau. On peut donc entrer de plein pied dans la logique du développement durable. 

Dans un monde pollué où l’eau de bonne qualité devient rare, il faut adapter la qualité de l’eau aux usages. Nous n’avons besoin d’eau de qualité alimentaire que pour boire (eau de table, café, tisanes). Cela représente au plus 3 litres par personne par jour.

Même pour la préparation des aliments cuits, on n’a pas besoin d’eau qui répond rigoureusement aux normes bactériennes pour l’eau potable. Pour les usages non alimentaires, on pourrait utiliser une eau inoffensive qui n’est pas potable dans le sens strict du terme, mais son absorption accidentelle ne porte pas préjudice à la santé. Cette nouvelle vision de la qualité de l’eau permet une approche plus pragmatique de la gestion et surtout des économies considérables.

Techniquement, la petite citerne à eau de pluie de chaque appartement serait reliée à un secteur du toit par une descenteséparée. Un petit groupe hydrophore monterait l’eau de pluie sous pression, filtrée sur 10 microns, pour alimenter une vanne située sous l’évier de la cuisine afin de faire fonctionner un système de microfiltration ou d’osmose inverse qui alimenterait alors un ou deux robinets à eau potable dans l’appartement. Les autres robinets délivreraient de l’eau de ville. La qualité de l’eau de pluie ainsi filtré ne cède en rien à celle des meilleures eaux minérales du commerce pour un prix dérisoire.

Si le toit de l’appartement ne dépasse pas 3 m² par personne, on se limite à la production d’eau alimentaire (potable) à partir de l’eau de pluie. Si le toit est plus grand, on peut envisager le raccordement du chauffe-bain, de la lessiveuse ou même du lave-vaisselle au circuit d’eau de pluie, avec toutefois la possibilité de repasser à l’eau de ville en cas de sécheresse.

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